Je me suis régalée du « verbe » de Thomas d’Ansembourg et je vous livre ici ce que j’ai collecté comme idées essentielles qu’il nous communique dans cette conférence. Je m’excuse auprès de lui si j’ai collé ses mots dans mon propos, mais j’imagine que la belle personne qu’il est, acceptera certainement la transmission d’idées ! J’ai inclus dans la rédaction quelques questions que vous pouvez vous poser pour avancer dans l’exploration de vos peurs.

 

Thomas d’Ansembourg :

 

https://www.youtube.com/watch?v=DqiuxCaFWHA&feature=youtu.be&fbclid=IwAR12Fu3IXI-TAvCokKUxscDy_VnLliyjn__g1jWUQafyDO7mbzLKPBypsqs

 

 

Il nous explique trois niveaux de peurs.

 

  1. La peur circonstancielle : Qui est la peur liée à la sécurité et au contexte. Bien des lieux et des contextes peuvent créer la peur.

 

Quelles sont les peurs circonstancielles que vous avez côtoyées dans votre vie ?  En avez-vous un exemple ?

 

  1. La peur essentielle : celle qui est liée à l’amour ( aimer et être aimé.e)

 

Avez-vous perdu l’amour, cela a-t-il créé la peur chez vous ? avez-vous déjà eu peur de ne plus aimer quelqu’un ?

 

  1. La peur existentielle : l’identité, l’incarnation. Peur de ne plus pouvoir exister. De ne pas être complet.

 

Avez-vous peur de la mort ?

De ne pas pouvoir vivre ?

 D’abord, nous pouvons nous mettre à l’écoute de ces différents niveaux. Afin de trouver leur identité.

Il sera pour certains nécessaire, utile, indispensable, de les déposer chez une personne neutre et de confiance, pour explorer nos peurs sans peur…

Vous vous souvenez du schéma de la zone de confort ?

D’Ansembourg nous explique à quel point il sera important pour aller vers la zone de changement, de croissance, de pouvoir écouter ces peurs mais aussi, les élans de vie. Car nos rêves, nos élans, nos tressaillements, nos envies, notre intuition, est l’essence même de notre énergie, à nourrir et à rejaillir en nous, et en dehors de nous.

Écouter nos rêves, c’est faire monter l’énergie qui nous rend vivant.e et ressuscite la vie en nous, lorsque nous les réalisons. Fréquenter nos peurs et ces élans qui sont derrière, nous permet de nous ouvrir à la vie qui est en nous et nous demande de nous épanouir d’avantage. Pour cela, il va falloir accepter l’inconfort (sortir de la zone de confort, marcher sur la tête des crocodiles… )

Comment donc instaurer un tant soit peu ce questionnement de nos rêves ?

Écoutez-vous vos rêves ? Quand avez-vous rêvé, imaginé ce qui se réaliserait de beau pour vous, la dernière fois ?

Il y a différents pièges qui nous empêchent de dépasser nos peurs, et qui nous infligent une violence subtile envers nous et nous empêchent le bonheur! Et peuvent provoquer d’autres émotions en chaine (colère, tristesse, frustrations… )

Accepter que ces pièges existent est la première des conditions au passage vers la zone de croissance (et la possibilité de coexister avec ces peurs).

Se rendre compte qu’ à l’intérieur de nous, est bloqué l’accès au bonheur, et non à l’extérieur ( ce n’est pas à cause des autres, de la situation, de … )

Mais je ne peux que subir cette impossible bonheur tant que je n’ai pas exploré comment ce piège à commencer à exister.

Ce que je vis (Zone de confort) est peut être un petit ENFER…mement car la réalité que je perçois n’est autre que, ce que j’ai l’habitude de vivre, de penser…

Où sont donc logées et coincées nos peurs ?

 Dans un endroit où l’on rompt la communication :

  • Par le jugement : je suis bien, pas bien, nul.le, bête, …
  • Par nos préjugés : régis pas les lois humaines et culturelles : Il faut être un homme, une femme, la loi, la religion etc…
  • Par les croyances non vérifiées. Je vérifie sans cesse qu’être cette personne-là est une bonne chose (être malade, malheureux.se, en souffrance, apporte du réconfort et de l’aide – c’est un blocage au changement…

Il y a ici une certaine peur de quitter son identité. Ce qu’on a toujours dit de qui on était… dépasser cela, changera la vision de sa propre identité mais aussi du regard des autres sur soi, et il se peut que cela crée une peur.

  • Par la pensée binaire : c’est soit blanc ou noir… un forme de pensée qui ne peut permettre la cohabitation des idées. C’est l’un ou l’autre, c’est comme cela (très rassurant, confortable mais empêchant l’évolution de la pensée). Faire cohabiter deux pensées ; je suis fort.e mais j’ai cette faiblesse ; permet un regard de compassion et d’ouverture à soi.
  • Par le langage déresponsabilisant : Il faut, je dois, je n’ai pas le choix, la vie c’est ça…

 

En toute honnêteté avec vous-même, essayez de faire le point sur vos pensées et habitudes de langage en vous.

 Tous ces pièges nous empêchent de comprendre et d’entendre le langage de la peur. La peur vient me donner une information, une mise en garde, un besoin à satisfaire, sur ma vie et je ne l’entends pas. La peur n’existe pas pour inhiber mais pour permettre un dépassement.

Mais bien sûr, entrer dans un dialogue avec la peur, ça fait peur !

Alors, quand je m’approche… parfois je compense… pour étouffer ma peur. Ces addictions peuvent pomper mon énergie de vie, m’éloigner de mon but.

Notre éducation ne nous a pas permis d’explorer notre intériorité, notre société d’origine judéo-chrétienne y a mis le paquet en plus… en nous demandant de nous orienter vers les autres, plutôt qu’à l’intérieur de nous.

Notre éducation a souvent été entendue comme conditionnelle. Pour obtenir l’amour et l’approbation (l’autorisation d’exister même), nous avons construit la certitude que nous devons faire et réussir selon des codes et des schémas, catalogués, jugés et qualifiés. Notre disque dur (cerveau) affectivo-psychologico-sensoriel (notre partie intime qui commandent de façon non réfléchie nos comportements) croit que nous sommes aimés SI… nous remplissons les attentes, les devoirs, … l’amour est conditionnel.

Pour sortir de sa zone de confort, dépasser ses peurs… il faut les rendre familières à soi.

 

Je développe ma capacité d’ETRE quand je peux, dépasser mes peurs, sauter au-dessus, cohabiter avec elles.

C’est un apprentissage pour accéder à un autre niveau de conscience de soi, de tranquillité de paix, de confiance dans la vie, de sécurité. Et la naissance, la transition n’est pas nécessairement confortable.

 

 

Je développe mon estime de moi, en moi ! .

Nous avons très longtemps placé notre estime dans le regard de l’autre.

Pour avoir de l’estime en nous, par nous et pour nous, nous apprendrons à connaître nos limites, notre confiance (je sais de quoi je suis capable), l’avis des autres sur moi et ce que j’ai réalisé n’a pas le pouvoir de changer mon regard sur moi.

Si nous sommes dans l’estime de nous en rapport avec les autres, nous pourrions plus facilement développer de la dépendance au besoin de plaire à l’autre, et oublier bien souvent d’être nous-même et aller jusqu’ à oublier notre élan vital.

 

Il nous faut donc une estime juste, mesurée ( non, pas l’orgueil, l’égo surdimensionné , le syndrome d’imposture etc… ), mais une invitation à grandir et non pas à développer un jugement impartial sur nous-même ou la quête vers une estime démesurée à l’extérieur de nous (capable de tout pour avoir le regard, l’amour, l’approbation de l’autre).

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« Une meilleure estime de soi, ça se jardine ! «  Ca peut grandir, pousser quand on y met du soin, de l’attention, de l’engrais etc.

 

3° Je dépasse ma difficulté à accueillir la différence de l’autre

La différence de l’autre n’a sans doute pas été la bienvenue, peut-être même votre propre différence à un moment de votre vie. La peur ou la souffrance face à cette différence a conditionné l’attitude face à la différence, un seuil de tolérance trop vite atteint. C’est évident alors d’avoir peur du changement, d’aborder la différence de ce qu’on nous a demandé d’être, de changer ;

 

Comment je peux accueillir la fantaisie de l’autre, la différence de l’autre ? La mienne ?

 

Lorsque j’étais enfant, est ce que je pouvais exprimer ma fantaisie ou est-ce que je devais entrer dans la « boite » ?

Voilà la source de la peur de son identité singulière. Je n’ai pas pu exprimer mon être. Mes flammes se sont éteintes pour ne pas déranger, le climat de menace ou de méfiance envers qui j’étais m’a éloigné de mon essence même.

Il fallait gagner l’intégration. J’ai du coup peur de ma liberté, et même de la liberté de l’autre…

 

Ce n’est pas une invitation à la marginalité, mais à la culture de la différence, comme étant une richesse pour les autres. Je peux suivre mon identité, mon intégrité, tout en étant capable de veiller aux autres. Je suis autonome et appartenant, je ne casse plus ma spécificité pour intégrer un groupe.

 

Comment je m’autorise à être qui je suis ? A qui je risque de ne pas plaire ? Quelles sont les fantaisies que j’aime avoir ?

 

Dans cette capacité à être moi-même, la peur du conflit (en nous, entre nous, avec les autres)  peut apparaitre. Dans les conflits, il y a des émotions (colère, critique, menace, tristesse, jugement…) qui circulent, alors, si l’on est pas trop à l’aise avec les émotions, cela risque de nous faire éviter les conflits. Pour pouvoir entrer dans un conflit, il va être nécessaire de d’avoir une juste estime de soi (et tout ce que cela comporte comme amour pour soi, ce qu’on peut accepter de vivre etc… ) et avoir la capacité d’accueillir l’autre, sa différence, son opinion, son besoin. Sans être dans un rapport de force (moi plus, moi mieux), mais dans un rapport d’égalité à la recherche d’un but commun.

 

4° Je sais dire non et à temps sans avoir peur de perdre l’autre. La clarté, la détermination en soi, la non adaptation est un cadeau pour la relation. Elle permet la sécurité et l’authenticité.

La limite que l’on peut mettre en soi est essentielle pour affronter ses peurs.

 

5° je suis en paix avec mes émotions. Je peux les accueillir, ne plus les fuir, les enfuir, les compenser, les étouffer… Je n’ai plus peur d’avoir peur. Je sais que la peur est un ingrédient de ma vie et non un frein. C’est un langage qui permet d’avancer et de développer mes possibles.

NOUS avons tous la capacité à instaurer du changement ! Il y aura certains deuils de nos habitudes à faire … Je suis cette personne depuis pas mal de temps, mais quels sont mes besoins aujourd’hui ? Vers quoi la vie m’appelle ? Quels sont mes rêves, mes élans ?

Au plus je réponds à mes besoins, au plus je peux accepter, je suis capable d’aller voir mes peurs… De toutes petites choses au début….

 

Petit exercice avec l’outil « FOG »
L’acronyme FOG, signifiant Fear (peur), Obligation, et Guilt (culpabilité) fut inventé par Susan Forward et Donna Frazier dans le livre « Emotional Blackmail » (Chantage émotionnel).

F (fears – peurs)

 

Quelles sont les peurs qui vous paralysent ?

 

Pour chaque peur, voyez en quoi elle vous est utile, ou l’a été, de quoi elle vous protège.

 

O Obligations

Quelles sont vos obligations dans votre vie ?

Comment vous faites pour les accepter, les vivre ces obligations ?

 

G (guilty- culpabilité )

 

C’est la culpabilité qui nous empêche de lâcher prise de ce qui est lourd. De quoi vous sentirez vous coupable dans vos changements ? A qui vous pensez faire du tord ?

 

 

Un autre documentaire pour inspirer sa pensée.

 

https://www.youtube.com/watch?v=1KgL6PCcFg8  Documentaire : « de la peur à la joie »

 

 

 

About Sophie Mercier

Thérapies, accompagnement de l'individu, du couple et de la famille, conférences. Coach en Mincithérapie. Animatrice EVRAS Nivelles et Charleroi

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