Dans un monde très individualiste qu’est le nôtre, il est parfois difficile de se rendre compte de l’existence propre des mots de « l’autre » qui se trouve en face de nous.

Notre conjoint, nos enfants, nos collègues, nos parents, chaque être différent de nous a besoin d’être reconnu dans sa différence et ne peut être entendu que dans cette spécificité: Non, cet autre ne pense pas comme nous, ne s’exprime pas comme nous, n’entend pas comme nous, ne se représente pas la vie comme nous nous la représentons.

Il n’y a pas un seul langage, il y en a au moins le nombre de personnes qui peuplent notre terre… Donc, certaines dispositions seraient bien utiles dans notre communication, et avoir beaucoup de lâcher prise dans ce que nous pensons savoir ( de l’autre, de ce qu’il ressent, vit , entend… ) Tout un art!

Nous devons tenir compte de beaucoup d’éléments, en voici quelques uns :

  • Mon envie de parler avec l’autre est elle partagée par l’autre? Il risque sinon de ne pas m’entendre comme je le voudrais.
  • Ce que je lui dis , est ce bien ce qu’il entend, comprend?
  • Comment interprète t’il mes propos?
  • Comment les décode t’il? Les mots que j’utilise, les connait-il comme moi?
  • Chaque personne possède une signification propre pour chaque mot. Comment vit il ce que je lui communique? ( par rapport à sa fragilité, sa sensibilité, sa façon d’avoir grandi, sa perception, … )

Vous l’aurez compris, parler avec l’autre requiert de beaucoup d’attentions, il ne suffit pas de dire, il faut s’intéresser, se questionner sur ce qui est dit, aller plus loin que les mots. Que l’on soit du côté du communiquant ou de l’écoutant.

Dans un couple, tout ceci est particulièrement sensible et souvent conflictuel car on pense naturellement que l’autre nous comprend, ou pire, qu’il va comprendre ce qu’on ne dit pas! Attention, il ne s’agit pas de bien communiquer pour être heureux en couple ( voilà un des mythes du couple ), mais facilite sans doute l’entente et la compréhension. Les couples en thérapie viennent souvent apprendre à se connaître, se connaître soi ( dans une crise ou un conflit, on découvre beaucoup de soi ) et connaître l’autre : découvrant qu’ils ont mal interprété les propos ou les pensées de l’autre. Tout part d’une intention positive, soyez donc prudents dans vos interprétations. Il est souvent question de maladresse ou de méconnaissance plus que de véritable intention de vous nuire! Et lorsqu’on souffre, les mots se bousculent et ne sont pas toujours réfléchis.

Mais pourtant, lorsque nous prenons conscience que l’autre est différent de soi, qu’il a sa propre existence à vivre et que nous entrons dans la compréhension de ses mots, nous pouvons entrer véritablement en relation respectueuse.

Sophie Mercier – Conseillère conjugale et familiale.

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