Qu’il est difficile d’être une marâtre. 

La définition de la « marâtre »est = « la seconde femme du père ». Jusque là, tout le monde est d’accord, mais dans ce terme marâtre, il y a une connotation très négative qui provient probablement des contes, dans lesquels elles sont présentées comme des femmes devenues des méchantes sorcières, qui font du mal aux enfants du père. Cela peut être la réalité,  dans certaines situations, mais cette nouvelle relation peut être aussi une expérience et une construction qui se révèle totalement fantastique, aux yeux de tous les membres de cette nouvelle histoire familiale.

Cette femme n’a pas une place des plus faciles. Et cette situation peut la faire souffrir, il est donc intéressant qu’elle soit au clair avec ce qui lui arrive.

Yapaka.be a publié un petit livre qui résume assez bien leur situation et difficultés en nous proposant des pistes de réflexions. Vous en avez le lien ici : la souffrance des marâtres

Pas facile d’être cette femme qui ne va pas être totalement aimée, du moins pas tout de suite, et qui va devoir plus que réfléchir à ses attitudes pour gagner le terrain du coeur et la confiance des enfants de son amoureux, et de leur mère. Situation très délicate qui demande pas mal de réflexion et de précautions.

La famille recomposée est un lieu de création, de nouveauté et de richesses relationnelles. Qu’il est bon de le concevoir de cette façon! Cela aide. Parce que ce nouveau couple amoureux, va être parfois très malmené dans la construction de sa nouvelle vie. Toutes les données varient, changent, se modifient en fonction du nombre d’enfants, de l’âge de ceux-ci, de la présence d’autres enfants, de l’arrivée d’un nouvel enfant …

Le couple commence toujours sa vie amoureuse par une période de lune de miel, une période où il est merveilleux d’être fusionnés. Cette période va être un peu perturbée pour ces nouveaux couples, qui dans cette fusion doivent faire de la place pour les enfants déjà nés. Cela peut créer des tensions, des difficultés car ce couple affichera plus facilement son amour et sa sexualité bien débordante et tous se trouveront devant ces situations qu’ils ne connaissaient pas dans l’ex-couple. Chacun veut trouver une place et pourrait bien la réclamer haut et fort.

Les enfants peuvent éprouver de la jalousie face à cette femme qui reçoit tant d’amour de leur père, et s’ils en parlent à leur mère, peuvent entendre des reproches ou des réflexions désobligeantes, de la part de celle-ci qui pourrait souffrir d’entendre parler du nouvel amour. A ce moment là, il arrive que certaines mères arrivent même à dénigrer de façon très violente le père ou la nouvelle femme du père. Si les enfants sont pris dans la loyauté de leur mère, ils se peut qu’ils ne soient plus capables de regarder leur père de façon positive, constructive, mais alors destructive et cela peut mener à une forme d’aliénation parentale (détruire l’image parentale) qui mettra la relation parentale très en difficulté. Mais cette situation n’est pas la plus courante. Le plus souvent, les parents essayent de ne pas malmener les enfants dans ces situations nouvelles qu’ils traversent tous ensemble. Et ce n’est simple pour personne.

Cette nouvelle femme a bien du mal à exister dans les yeux de ces beaux-enfants. Si elle brille trop, elle fait de l’ombre à leur mère. Elle doit donc trouver la juste place, pas trop brillante, pas trop gentille, pas trop envahissante. On remarque qu’au plus elle a une attitude de complice et/ou de discrétion vis à vis de ces enfants, au plus vite ils trouvent cette femme agréable dans leur vie. Cela dépendra bien entendu des enfants, et de leurs parents, ce sont eux qui donneront bien souvent le tempo ( sont ils prêts ou pas ) … Si elle fait du lien, elle y gagnera énormément. Si elle perturbe les liens, elle aura plus de difficultés.

Une des attitudes qui semble favoriser la situation : c’est de ne pas trop s’impliquer dans l’éducation des enfants. Elle devra faire vivre et valoriser la position de leur mère et de leur père. Pour ne pas mélanger tous les pinceaux :  l’éducation, c’est pour le couple parental. Cela peut se faire en équipe, ce qui se fera au fur et à mesure de la construction de tous ces liens : la belle-mère peut donner son avis, mais il est préférable de le donner au père hors de la vue des enfants.

Dans une famille recomposée, on doit apprendre à composer avec le temps et l’espace. Le temps avec les enfants (et belle maman se fait un peu plus petite car c’est important pour les enfants de se sentir accueillis et de partager du temps avec leur père qu’ils retrouvent ), le temps sans les enfants (et belle maman redevient l’amoureuse, le couple se renforce en vivant des moments à deux) .

Il y a des nouveaux couples qui passent par une phase où la semaine des enfants, ils ne vivent pas ensemble, et la semaine sans les enfants, c’est la semaine des amoureux: pour permettre aux enfants d’ accepter d’abord la vie avec papa sans maman, avant d’accepter la vie avec papa qui a une autre femme. Cette autre femme sera parfois réclamée par les enfants (qui captent que leur papa est plus heureux quand elle est là!).

Les enfants doivent respecter l’espace dans lequel vit leur belle-mère et accepter ses règles, qui sont bien établies (de façon justifiée) consenties et relayées par leur père. Le père devra exiger de ses enfants le respect de cette femme qui les accueille dans son espace, c’est indispensable à la construction du lien favorable.

Prévoir de l’espace pour chacun a aussi une grande importance, chacun doit avoir la possibilité de s’isoler, car on a pas toujours envie d’être ensemble, et il faut le respecter. Au plus on l’acceptera, au plus on met la chance de s’apprécier de plus en plus les uns les autres.

Il est important de parler aux enfants des difficultés de chacun dans cette construction de l’espace et du temps de la famille qui se recompose. Chacun a le droit de ressentir ces difficultés, y compris les adultes.

Qu’il est difficile d’être marâtre, on voudrait tant être entendue, écoutée, aimée… être aussi importante pour les enfants de son amour, que pour lui. Mais ce n’est pas toujours possible au départ. Bien que la plupart idéalisent beaucoup cette nouvelle situation, il arrive d’en déchanter très rapidement par maladresse, car cela part toujours et très certainement d’un bon sentiment; celui de bien faire les choses.

Malgré tout, comme toutes les difficultés de la vie, ces situations construisent. Et être belle-mère permet d’apprendre de nouveaux savoir-être.

Voici une émission où l’on a débattu légèrement de la situation de ces femmes qui sont belle-mères avant d’être mère. Ces situations permettent peut être de réfléchir ce rôle avant d’y plonger en observant (étudier) l’éducation sans en être responsable?

une éducation presque parfaite (Télésambre, le 17 novembre 2016)

 

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10 ans plus tard ! 14725700_10211058601641164_2379349486182883896_n

 

 

 

 

 

 

About Sophie Mercier

Thérapies, accompagnement de l'individu, du couple et de la famille, conférences.

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