Il y a toutes sortes de papas.  Il n’y a pas un modèle mieux qu’un autre modèle. Chaque expérience est unique et singulière. Chaque relation comporte sa quantité de joies et de peines, de plaisir et de difficultés et elle véhicule beaucoup d’apprentissages et de valeurs.  ET chaque histoire est merveilleuse.

Pour fêter les papas, je mets à l’honneur, Ces trois -ci qui m’ont confié leur histoire.

Voici un témoignage de  Stéphane, papa musicien qui élève depuis 8 ans ses deux garçons tout seul. C’est pour son fils Maël qu’il a composé le morceau en supplément !

https://www.youtube.com/watch?v=Cj08no5hEUA

« Devenir père a été pour moi un véritable raz-de-marée, puisque cela m’a fait devenir sédentaire du jour au lendemain. D’un coup, les actions sont devenues principalement l’accomplissement des priorités. De toute façon, être musicien était déjà aussi naturel pour moi que de respirer, même si je me suis retrouvé seul avec deux petits garçons au bout de quatre ans. La question de faire autre chose ne s’est pas posée, puisque les petits boulots alimentaires faisaient déjà partie de mon passé. Plutôt que d’en voir les désavantages, j’ai tout de suite pris les avantages en considération: un rapport privilégié avec eux, une meilleure efficacité au quotidien, une vie différente et intéressante, des rencontres, des prises de conscience pour toute la petite famille, aller à l’essentiel plutôt que rester sur le trivial, profiter intensément des moments uniques, des cadeaux de la vie. Nous sommes heureux aujourd’hui, et les peurs, pleurs, malheurs semblent loin derrière, un parfum de fête règne dans la maison, et une confiance sereine quand je m’en éloigne ».

Ensuite, un extrait du récit biographique de Jacques Mercier « Mon père est mort en riant »

« René Mercier est mon père. Écrire ces premiers mots me serre déjà le cœur et je me demande s’il sera possible que je le rejoigne ainsi avec des mots. En cet instant précis, je ne sais pas d’où vient cette envie de le faire revivre. Est-ce utile, utile à qui, n’est-ce pas trop intime, personnel ? Et pourtant  depuis quelques jours cette idée me poursuit, m’obsède et j’avoue qu’elle me pousse à renouer avec le grand plaisir de l’écriture. Je pense n’avoir jamais dit à mon père que je l’aimais et encore moins « combien » je l’aimais. Cela ne se faisait pas trop. Ce n’était pas dans les mœurs de l’époque et ce n’était pas non plus dans notre tradition familiale. Quand je dis « notre », il faut que je précise « nos », car mes parents n’étaient pas du même milieu. Ils ont accompli une chose plutôt rare en ce temps-là : un mariage d’amour ! Ils furent amoureux toute leur vie. J’en garde un souvenir ébloui et qui eut pour moi valeur d’exemple. Quand papa (bien sûr nous l’appelions ainsi ou « pa », parfois « le paternel » branché, mais c’est « père » qui s’utilisait hors de la maison, à l’école, dans les réunions de famille) rentrait du travail, il enlaçait ma mère qui retirait son tablier de cuisine et l’embrassait longuement, d’un vrai baiser, qui me mettait parfois mal à l’aise. Car l’époque était aussi aux interdits, aux tabous sexuels, aux multiples péchés, dont le plus grave semblait celui de la chair et du plaisir ! »

et pour terminer cet article, Luc nous confie sont parcours de « devenir père »

« Après notre mariage, on a voulu rapidement un enfant. Ça ne vient pas. On consulte. On me diagnostique une azoospermie*. Le ciel nous tombe sur la tête. On est orientés vers un centre de fertilité. Dans une salle d’attente pleine de femmes, je suis le seul homme. Les rôles s’inversent. Ma fierté en prend un coup. Des tests plus poussés, douloureux, pour trouver des spermatozoïdes au niveau des testicules sont entrepris. Ils sont négatifs. C’est définitif, je ne serai jamais père. Je ne craque pas vite, mais là je pleure beaucoup. J’ai peur de perdre ma femme, je ne peux pas être un géniteur pour elle. Je lis beaucoup sur le sujet. Ma réflexion m’aide à m’en sortir. Pour moi, la génétique, ce n’est pas tout. Etre père, c’est avant tout transmettre un patrimoine culturel et social. On commence alors les inséminations avec sperme de donneur. C’est froid, médicalisé, avec des gens peu accueillants. Le médecin prépare la pipette, et je peux l’injecter à ma femme, dans une chambre blanche au bout d’un couloir de grand passage. Notre vie affective est chamboulée parce qu’elle ne veut plus de moi avant, pendant et après l’insémination. Je comprends mais me dis que si je ne serais jamais un père biologique, je suis de moins en moins l’amant de ma femme. On change de centre, l’ancien ne convient pas à ma femme. Dans le nouveau centre, on nous propose de passer directement à la FIV. Qui fonctionne, dès le premier essai. Ce suivi médical reste un parcours du combattant, un chemin en up and down. Mais notre fille ne serait pas là si je ne l’avais pas autant désirée. J’ai fait mon chemin, mais je lui dois la vérité, je lui expliquerais comment on fait les bébés avec une graine qu’on va chercher à la clinique. On est très complice, mais il y a toujours cette crainte de rater certaines choses. Mais même si le rejet me fait peur, je fais tout pour accompagner son parcours. Il faut être papa, pas géniteur. Les enfants attendent quelqu’un qui les ouvre au monde, et c’est ça que je fais avec ma fille. C’est ça, être père. »

 

 

Merci à ces trois papas qui se sont confiés à nous, n’hésitez pas à commenter cet article avec votre propre ressenti de papa. Bonne fête !

 

Eduquer son enfant

 

About Sophie Mercier

Conseillère conjugale et familiale graduée

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