« Le chagrin amoureux est l’une des plus épouvantables blessures que nous ayons à combattre car il doit être vaincu seul et surtout dans le plus grand des silences. »

Yves Simon.

Monsieur Simon, vous m’inspirez cette réflexion…

 

Le chagrin d’amour est une situation qui peut nous servir à apprendre beaucoup de choses sur nous et sur notre façon d’être en relation. Il est important de l’observer et de l’apprécier pour ce qu’il vient faire dans notre vie et c’est sans doute à ces conditions là qu’il est important de s’y attarder.

J’avais 15 ans pour mon premier grand chagrin d’amour. J’ai senti la terre se déchirer, le monde s’effondrer sous moi, j’ai perdu tous mes sens, j’ai voulu mourir… je n’ai rien compris, j’ai subi. Et un an après, je me casais dans une relation sage, avec un garçon merveilleux mais qui ne me donnera pas autant de passion. Je me suis protégée de revivre cela, de souffrir à nouveau, pendant 20 ans ! Mais mon cœur manquait de peps et j’ai choisi une autre voie.

Mon second chagrin d’amour a été consumé pendant de longues années. J’ai pleuré doucement, à dose homéopathique la fin de l’amour à côté d’un homme qui n’avait plus d’envies, ni pour moi, ni pour rien.

Mon troisième chagrin ressemble au premier. Fulgurant comme la rencontre,  injuste, désespéré… dans un premier temps, je me suis noyée. Quelques jours après, j’ai rebondi en anesthésiant (consommation en tout genre) et puis, j’ai accepté de regarder, d’analyser.  Non pas les raisons de la rupture car les raisons nous échappent parfois, elles ne dépendantes pas que de nous,  mais pour les enseignements que nous allons en tirer, pour nous « m’aime ».

Il est hors de question que je m’arrête d’aimer, que je donne le pouvoir à quoi ou qui que ce soit de ne plus me permettre d’être heureuse, chaque amour a une belle histoire à raconter.

La vie est merveilleuse et nous sommes ici pour aimer. Pour incarner l’amour.

Comme chaque émotion qui s’exprime, la tristesse nous apporte un message. Etre triste, c’est prendre conscience que nous avons besoin de soin, d’accompagnement, de soutien. La tristesse exprimée est passagère et sera suivie de résilience, si nous sommes capables d’entendre que la situation a quelque chose à nous apprendre.

Je suis toujours étonnée d’entendre que les médecins cherchent à anesthésier la tristesse à coup d’anti dépresseurs. Certes, il y a des situations où chimiquement c’est indispensable et pour moi, ce sont les psychiatres qui sont aptes à en juger. Mais tous les chagrins ne sont pas dépression et ne doivent pas être endormis… surtout pas.

Un chagrin d’amour est un deuil. Il y a des étapes à comprendre et à traverser, comme tout deuil et il peut être accompagné. Surtout pas de silence sur le chagrin : Je suis peinée et j’ai besoin de soins.

 

1) L’amour me tue

 

Dans un premier temps, c’est le choc et la douleur. Et donc, c’est le « Samu » : amis, thérapeutes, masseurs, etc… tout soin, toute écoute bienveillante est nécessaire. Juste déposer, sans être jugé (e) : des bras, des oreilles, des yeux et des cœurs.

 

2) Cela n’est pas possible

Ensuite peut venir le déni. Je n’y crois pas, il ou elle va réfléchir et revenir. Au mieux, en attendant, je m’occupe, je fais autre chose, j’attends le retour, je détourne mon attention de la situation… Le déni postpose la douleur, sans doute l’atténue dans un premier temps, la distance.

 

3) C’est dégueulasse

La colère est aussi une étape importance car voir la situation avec colère permet de nous protéger. La colère est comme tout émotion, une protection. Je me bats, je me protège. Le combat de colère est la protection. Mais la colère est une des émotions les plus toxiques chimiquement pour le corps, c’est donc bon de la sublimer… De l’utiliser à bon escient, de l’exprimer.

Toutefois, ce passage peut s’accompagner de « harcèlement ». On a besoin de savoir,  de vérifier, de contrôler, de le ou la pister, de se venger ? … mais au plus on fait cela, au plus on peut avoir mal, au plus on peut créer la distance et abîmer ce qu’il peut rester de lien. Donc prudence. Pour soi, pour l’autre et pour l’avenir. Tout dépend de ce qu’on veut de l’avenir…

 

4) Je ne suis pas capable d’aimer

La Dévalorisation est une étape fort importante à mes yeux, subtile et empoisonnée. Car si elle n’est pas comprise ou soignée, elle risque de laisser des griffes dans l’estime, voir même des grosses fissures. Et générer un comportement de défense qui peut durer des années. Je ne suis plus capable d’aimer … je n’aimerai plus. Je suis ne suis pas capable d’aimer… je ne suis pas aimable.

L’accompagnement permet souvent de lister les difficultés que l’égo ressent.

Je n’ai pas été cela,

J’ai mal fait cela,

Je suis le ou la plus moche du monde

J’ai été nul (le)

Je ne suis pas aimable

J’ai mal agi

Le regard négatif sur soi ne doit pas s’installer. Une triangulation est  indispensable. Ne pas se regarder dans un miroir déformant est plus que vital pour l’égo. Il est temps de se mettre en expérience positive et de collecter les valorisations. De la plus petite à la plus grande. Peut être que peut intervenir un certain silence à ce moment là : ne pas exposer au monde entier et à nos rencontres ce qui nous fait souffrir… et juste prendre les sourires de l’instant.

L’égo en prend plein la figure… et le cœur ?

Le cœur ne doit pas être mis de côté. Que ressens tu, toi le cœur ? A quelle douleur cette expérience est reliée ? L’abandon ? Le rejet ? La solitude ? Que te faut il pour arrêter de saigner ? Mettre en place, mettre en place, mettre en soin !

 

5)  Je me sens en paix

 Accepter enfin ! Je peux vivre avec cette expérience vécue et ne plus ressentir la douleur. Je peux me connecter aux souvenirs et être même parfois en joie. Je peux repenser aux bons moments. Je n’ai pas de ressenti négatif. C’est le signal de l’acceptation : La non émotion négative.

La médiation peut être un outil particulièrement soutenant à la paix intérieure.

6) prêt (e)

 Je suis heureux (se) de guérir de mon cœur blessé. Je suis grandi (e) de cette expérience. J’en ai imprimé les enseignements (on pourrait même écrire les ensaignements et mon correcteur râle !)

Chaque expérience d’amour réussi ou pas nous apprend quelque chose et nous projette vers autre chose de meilleur, à condition de s’en émerveiller. Pas de s’en plaindre, de se victimiser, ou de se détruire. Ce n’est pas facile, c’est pourquoi ce chemin n’est pas forcément possible dans la solitude. La solitude est bonne pour l’introspection, pour L’amour de soi, le calme en soi, pas pour la souffrance. La solitude est acceptable quand elle est positive pour soi, dans ce cas, elle est même recommandée !

Entrecoupée de réflexion, de reconstructions, nécessaires pour ne rien reproduire. Sinon, Vous remarquerez comme la vie nous remettra dans des situations similaires… Alors, pour ne pas reproduire,  apprenons…

 

7) Libéré (e) délivré (e) 😉 guéri (e)

 Je m’ouvre, je m’éveille, je renais… Je me rends disponible à une nouvelle expérience. J’ai appris, je n’amènerai pas mes démons, mes fantômes, je leur ai fait une tête au carré, j’ai appris à les connaître et je ne les subis pas, je négocie avec eux.

 

Comme débattu avec un ami en réflexion : l’amour, c’est chaque fois sauter en parachute sans savoir s’il va s’ouvrir ou pas. A chaque fois qu’on a touché le sol, on peut renforcer le parachute, réparer les déchirures, mais lorsqu’on resaute, on ne saura jamais s’il va s’ouvrir ou pas. Mais le saut est si beau, les sensations sont si belles… que nous aurions tord de ne pas les vivre. Fermons les yeux un moment, branchons nous sur l’énergie, sur la vibration, sur l ‘émotion … mais ce moment, vivons le profondément…  pour une seconde ou pour plus longtemps.

Merci à tous ces moments.

 

 

 

infographie-8-etapes-guerison-deuil_Fotor

About Sophie Mercier

Thérapies, accompagnement de l'individu, du couple et de la famille, conférences. Coach en Mincithérapie. Animatrice EVRAS

Comments are closed.

Post Navigation