Le partage des tâches

 

Lorsque le couple s’installe dans une vie commune, il ne peut s’empêcher de se frotter aux différentes obligations domestiques de la vie quotidienne. A ce moment, nous sommes parfois confrontés à certaines luttes de pouvoir, certains partages du territoire. Qui va faire quoi dans la maison? Qui s’occupe du linge, de la cuisine, des poubelles…?

 

Le couple écrit son histoire, les habitudes vont s’installer, prendre racine. Bien entendu, certains débats peuvent naitre car nous venons aussi d’histoires familiales et les habitudes de notre éducation vont se frotter à cette nouvelle vie. Notre sensibilité va dépendre de ce qu’on a vécu et construit, parfois même depuis des générations… il y a encore des survivances de l’époque traditionnelle. Il y a une part de construction sociale évidente dans ce partage des tâches. Il arrive que la femme se heurte aux idées ancestrales des tâches attribuées aux femmes. Mais aussi, selon ce que les parents ont eu l’habitude de partager, de demander comme implication aux enfants, tout cela déterminera le niveau de facilité de la participation aux tâches du ménage.

 

La société a évolué, le partage équitable des tâches est bien plus fréquent depuis que la femme travaille. Nous sommes quand même loin du petit manuel catholique d’économie domestique des années 60 !

 

Pour rappel :

 

http://meteopolitique.com/Fiches/Vision/Analyse/61/Manuel-scolaire-catholique-de-1960_61.pdf

 

 

Aujourd’hui, l’homme et la femme peuvent être égaux au niveau de leur compétences sur cette capacité à gérer le ménage.

Mais ce partage des tâches peut aussi représenter une source de conflits et de déception pour le couple…

 

Comment faire ?

 

Certains comportements décidés et raisonnés en se mettant en couple peuvent aider le couple à ne pas s’embourber dans des conflits de casseroles et de chemises.

Un jeune couple devrait pouvoir discuter de ce que chacun peut faire. Il semble impératif que la répartition des tâches ne se fasse pas sur le mode de délégation mais sur le mode de la participation. Personne ne devrait commander l’autre.

Lorsqu’un couple démarre, il se peut que l’un ou l’autre installe des comportements qui pourraient se rigidifier par la suite et entrainer des conflits. Les amoureux veulent tout bien faire pour l’autre. Mais lorsqu’au début madame repasse les chemises avec amour, il se peut que monsieur oublie comment fonctionne le fer à repasser. Il est donc nécessaire que chacun puisse continuer à surprendre l‘autre dans ce qu’il peut faire pour l’aider. Préparer un repas car l’autre rentre tard et fatigué est un acte d’amour, une action pour le soutenir et l’aider.

Il y a aussi à se poser la question de “comment les femmes reproduisent elles à leur insu les inégalités sociales dont elles sont les victimes ?”

Si l’un ne reconnait pas la compétence de l’autre en la matière : “donne moi ta chemise, je la repasse mieux que toi”, naturellement la tâche sera attribuée à celui qui a le savoir faire et “ Puisque tu fais mieux que moi, tu le feras définitivement”. Il est préférable donc de laisser l’autre apprendre aussi… et de ne pas être seul maître ou spécialiste à bord.

Sous cet angle, il est important de comprendre que la valorisation et la reconnaissance des compétences de l’autre est le renforcement positif qui va permettre d’installer l’intérêt de réaliser une tâche.

Des phrases comme “merci d’avoir sorti les poubelles, je n’en n’avais pas le courage…”ou “tu nettoies vraiment bien, j’adore quand tu le fais…” vont susciter un réel plaisir et une envie de recommencer.

Partager les tâches pourrait se faire sous consensus. Pourquoi ne pas organiser une réunion autour de “qui fait quoi?” selon les possibilités de chacun? En gardant bien entendu la souplesse face aux changements de situation (des semaines plus chargées, une perte d’emploi, l’enfant qui arrive, etc… ). Evitons de s’enfermer dans les habitudes qui tuent…

Cette façon de faire donne vraiment au couple l’impression de partager les lieux, les difficultés et le respect de soi et de la vie de l’autre.

 

A lire pour aller plus loin dans la réfléxion

 

http://lectures.revues.org/463

 

http://questionsdecommunication.revues.org/7988

 

“la trame conjugale” et “Premiers matins” de  JC Kaufmann

 

 

About Sophie Mercier

Conseillère conjugale et familiale graduée

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