Inspiré par la conférence  » le paradoxe de la passion  » de Yvon Dallaire

Le couple n’est pas un conte de fées, ce n’est un secret pour personne. Et si d’aventure vous y croyez encore, vous risquez bien d’être déçus. Car le couple est bien un endroit de crises, qui permettent dans le meilleur des cas à la croissance personnelle et conjugale! On peut dès lors, ne pas  » tomber en amour » mais bien  » s’élever en amour »

À condition d’apprendre à gérer ces crises pour nous permettre de grandir ensemble.

Au départ de la relation, les amoureux connaissent une grande passion qui les fusionne. Les amoureux n’ont besoin de personne et le couple comble toutes leurs attentes. Mais cette passion ne dure qu’un temps, 5 ans en moyenne, sauf si un « ennemi » du couple ( arrivée d’un enfant, promotion dans un travail, déménagement, deuil, maladie…) vient  rompre prématurément cette belle lune de miel.

Au delà de cette période, il faut faire face à la fameuse période de  » désidéalisation », période où, plaisante Yvon, le prince devient crapaud et la princesse devient sorcière.

À partir de ce moment, le couple va reprendre doucement ses aspirations vers l’extérieur du couple. Et il doit grandir, à travers les crises nécessaires, pour que l’amour reste l’objectif premier. Grâce aux crises, que l’on peut apprendre à gérer, le couple s’en sort grandi et plus complice encore.

Mais nous ne sommes pas toujours d’accord sur le partage des moments pour le couple, et des temps pour le développement personnel de chacun.

Nous pourrons donc observer que les couples dits  » heureux » mais ce n’est pas la majorité d’entre nous,( voir article sur Gotmann ) arriveront plus facilement à s’entendre sur ces partages, sachant que les besoins personnels sont aussi importants que les moments de couple, et capable d’interchanger leurs rôles entre « dépendance envers l’autre » et « contre dépendance ».

Les couples plus en souffrance, vont avoir tendance à s’enfermer dans des rôles figés : je suis dépendant et j’ai tout le temps besoin de toi, je suis contre dépendant et je dois me  » battre » pour respirer dans notre relation.

Ce qui provoquera immanquablement des crises et des conflits qui ne feront qu’accentuer ces rôles, poussant le dépendant à resserrer l’étau et le contre dépendant à s’enfuir de la relation, malgré un amour sincère et véritable pour chacun d’entre eux, pour arriver à un déséquilibre relationnel qui fait mal.

 Une possibilité d’aller mieux !

Le couple en souffrance doit prendre conscience ( avec l’aide souvent nécessaire d’un tiers neutre ) qu’aucun des deux n’est responsable de ce déséquilibre, c’est le paradoxe vécu dans ces moments et les difficultés relationnelles qui nous font souffrir. Et c’est bien sûr cela que nous devons travailler au lieu de rendre coupable chacun d’entre nous. La culpabilité ne sert à rien, les reproches ne font que renforcer nos souffrances. Alors que si on travaille à deux sur un meilleur équilibre relationnel, nous sommes à deux contre  » l’ennemi », nous avons beaucoup plus de chances de nous en sortir heureux.

Sophie Mercier – conseillère conjugale et familiale

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