A l’heure où nos repères manquent, de nombreuses questions concernant l’éducation de nos enfants apparaissent.

En effet, dans nos écoles, dans nos sociétés, nous observons chez les enfants de plus en plus de manques de limites, des peurs de punir chez les parents, des rejets de l’autorité.

Nous aussi, dans notre enfance, nous avons reçu une éducation. Quelle plaise ou non, nous réagissons avec ou contre celle-ci. Si nous avons eu des parents culpabilisants « si tu ne fais pas cela, je serai triste », ou très stricts ou au contraire laxistes,  nous serons certainement influencés d’une façon ou d’une autre ;

Didier Pleux « de l’enfant roi à l’enfant tyran » chez Odile Jacob

 « La bonne autorité, c’est d’aimer, de stimuler, d’accompagner, de protéger, pour favoriser l’éclosion de la personnalité. Mais c’est aussi d’exiger, de frustrer, de contrôler et de sanctionner ! Car il faut à la fois de l‘amour et de la frustration pour que l’enfant se construise. La bonne autorité doit ainsi tenir compte de la psychologie. et du principe de réalité. Il faut marier Dolto et Rousseau ! Certes, la frustration sans amour va amener à la castration et à la névrose, comme c’était essentiellement le cas avant les années 60 à 70. Mais aujourd’hui l’amour sans frustration amène à la tyrannie. »

Extrait de son article « Enfants tyrans : un peu de bon sens ! »

http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2003/mag1024/ps_7167_enfants_tyrans_bon_sens_itw.htm 

 Bravo super Nanny ! Certains sourions, d’autres apprécierons le bon sens de ses interventions, dans lesquelles beaucoup d’enseignements sont donnés. Observez la, comment fait elle ? Elle sanctionne, elle met des limites … Elle cadre mais avec beaucoup d’amour. Cela a du sens d’éduquer. Aimer son enfant, c’est aussi le frustrer.

Votre enfant va chercher vos limites en les repoussant de plus ne plus loin et vous mettre à bout.

Cela nous semble parfois dérisoire. Frustrer nous semble parfois inutile, devant leurs yeux ronds et leurs « jeu t’aime » adorables… Mais oui ! Il faut de temps en temps, pour leur apprendre à attendre, à désirer, à espérer, ne pas succomber à leurs charmes.

Croyez –le, les enfants qui reçoivent des limites, aiment tout autant leur parents, (peut être mieux même) !

Trouvez et respectez vos propres limites

Pour reprendre Winnicot et Dolto, sachez être des parents « suffisamment bons ». C’est à dire ni trop ni trop peu. Parfois gentils, parfois pas (aux yeux des enfants) mais pour vous, cela doit rester « éducatif » un « non ».

Dans un esprit de construction et avec une explication pour l’enfant :

  • «  Tu as reçu des jouets à Saint Nicolas, maintenant tu attends ton anniversaire » ou
  • « cette fois ci pendant les courses, je ne t’achète rien, ce n’est pas à chaque fois que tu peux recevoir quelque chose », ou
  • « c’est le moment des adultes, tu dois aller dormir »

Et surtout, le plus important « tenez bon ! » Courage !

Ne menacez jamais un enfant sans aller jusqu’au bout de votre menace

Il aura vite compris que même si vous hurlez fort, vous êtes sans consistance et vous n’irez pas jusqu’au bout.

Ne le menacez pas non plus dans des directions impossibles à tenir :

Par exemple, de ne pas partir en vacances avec vous si il a un mauvais bulletin alors que vous avez déjà réservé votre villégiature, vous ne résisterez pas… il partira quoi qu’il se passe et il aura intégrer votre non consistance.

Du plus petit au plus grand, ce que vous dites, faites le !

C’est pourquoi il est important de réfléchir aux conditions et limites que vous allez lui mettre… Et agissez au plus vite !

Renforcer tous les bons comportements

Félicitez tous ses bons comportements, le renforcement positif est le meilleur moyen de les faire grandir, aussi dans leur estime et dans la vôtre.

  • « Tu as été super sage hier soir, tu as été au lit sans rouspéter, je suis fier(e) de toi ! »
  • «  Tu as été très poli dans le magasin, comme c’est agréable de faire les courses avec toi ! »

L’exemple, c’est nous !

Encore une chose… l’exemple, c’est nous ! (voir la campagne de www.yapaka.be )

Vous avez observé nos enfants jouer ? Ils font comme nous… Ils répètent les mots et les attitudes observées. Regardez votre enfant de 1 an jouer avec un GSM !

Les enfants qui sont devant la télé et les ordinateurs ont bien souvent des parents qui font la même chose.

Les enfants irrespectueux ont bien souvent des parents qui ne les respectent pas toujours.

Si vous ne vous adressez pas à vos enfants avec respect, ne vous attendez pas au retour. Vous pouvez les menacer, les punir, ils le feront sous la menace mais ne l’intégreront pas…

Les enfants, depuis leur plus jeune âge, vous observent dire « bonjour, merci, s’il vous plait ». Si vous le faites, ils le feront et cela aura du sens pour eux de le faire.  Si vous critiquez sans cesse le système scolaire, les professeurs, les forces de l’ordre, ils auront du mal avec l’autorité et ne vous étonnez pas d’être convoqué pour rappel à l’ordre…

Ils vous aiment tout autant

Beaucoup de parents ont peur de perdre l’amour de leur enfant. Ils se culpabilisent de ne pas avoir assez du temps avec eux, et pensent que donc, ce temps ne doit pas être passé à se fâcher. N’oubliez pas que lorsque l’enfant arrive sur terre, il passe un moment avec nous et puis il vole de ses propres ailes. Ce n’est pas notre propriété, mais notre mission.

Kalil Gibran

Vos enfants ne sont pas vos enfants

Vos enfants ne sont pas vos enfants. ILS sont les fils et les filles De l’appel de la vie à elle-même. ILS viennent à travers vous Mais non de vous.

Et bien qu’ils soient avec vous, ILS ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leur donner votre amour Mais non pas vos pensées. Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez accueillir leur corps Mais pas leur âme. Car leur âme habite la maison de demain, Que vous ne pouvez visiter, Pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux Mais ne tentez pas de les faire comme vous. Car la vie ne va pas en arrière, Ni ne s’attarde a hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants comme des flèches vivantes sont projetés.
L’archer voit le but sur le chemin de l’infini
et il vous tend de sa puissance pour que ses flèches puissent voler vite et loin.

Que votre tension par la main de l’archer
soit pour la joie. Car de même qu’il aime la flèche qui vole, il aime l’arc qui est stable.

Conclusion

Eduquer son enfantÊtre parents sans repère, avec des souffrances vécues dans l’enfance ou même à travers une tempête au présent (divorce, maladie, deuil…) est un réel défi. Un défi qui nous fait grandir, car ce sont les enfants qui font de nous les parents, et pas le contraire…

Restez vigilants, ouverts et attentifs, informez vous, apprenez, faites vous accompagner si nécessaire. Vous n’êtes pas les seuls à vivre la difficulté. Beaucoup de personnes se penchent sur

ces questions et sont là pour vous aider (sites, émissions, conférence, articles, ligue des familles, yapaka, psychologues, conseillères conjugales et familiales, éducateurs, amis, parents).

Ne vous fiez pas à un seul avis, confrontez vos ressentis avec d’autres, discutez, communiquez, lisez. Etre parent, cela s’apprend et sachez que vous êtes les meilleurs aux yeux de vos enfants!

Sophie Mercier, coaching parental.

 

About Sophie Mercier

Thérapies, accompagnement de l'individu, du couple et de la famille, conférences.

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