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La colère, une émotion mal aimée

 

Fureur, hostilité, exaspération, indignation, courroux, tracas, animosité, mécontentement, irritabilité, ressentiment.. la colère ne s’exprime pas toujours à l’extrême avec haine et violence. Elle peut s’infilter aussi à pas feutrés en nous, en cherchant une voie d’expression autre que les hurlements et les destructions. Ce qui est certain, c’est qu’elle cherche à nous dire quelque chose et souvent, on ne l’entend pas. On la subit, on la réfute… Comme il est difficile de l’accepter pour le rôle qu’elle a à jouer dans notre vie.

 

Toute émotion existe pour nous dire quelque chose que nous devons faire, penser, changer. Le mot émotionvient du latin « emovere » et se traduit par « mouvement ». La colère serait donc une force qui nait dans notre corps suite à une information reçue et qui pousse à bouger.

 

Qu’est-ce que la colère ? Qu’est-ce qu’elle exprime ?

 

La colère fait peur, elle fait du bruit. Elle est douloureuse. Pour nous et pour les autres. C’est pourquoi elle est mal aimée. Pourtant, comme toutes les émotions, c’est une énergie qui a son rôle à jouer et a quelque chose d’important à dire : elle nous pousse à nous défendre, nous permet de poser les limites, et de faire respecter notre espace.

 

Les chercheurs en neurosciences ont vu que le sang afflue dans les mains lorsque nous commençons à nous énerver, et que cela permet de s’emparer au plus vite d’une arme ou d’un outil pour se défendre : « avoir le sang qui bout » ! Cette émotion envoie aussi le sang au visage : « être rouge de colère »… Le corps concentre donc toute son énergie dans la réactivité du corps, pour que nous soyons en mesure de nous défendre et mettre notre corps en réaction au « danger ».

 

La colère est donc bien une émotion qui nous permet de nous protéger

 

Mais elle n’est pas anodine. Exprimer sa colère a toutefois des conséquences :

 

La colère permet une libération d’adrénaline (qui va nous donner un afflux d’énergie pour bouger, combattre, nous défendre) mais aussi une montée de cortisol (hormone de stress). Le cortisol n’a pas de bonnes répercussions dans notre corps. Pour une minute de colère, il faudra une heure de désintoxication chimique à notre corps. C’est une émotion à grande toxicité.

 

Dans certaines familles, environnements, cultures, les réactions impulsives et vives ne sont pas autorisées. Il se peut toutefois que celles –ci s’expriment différemment, consciemment ou non.Dents et mâchoires serrées (mordre sur sa chique), difficultés digestives, foie endommagé selon la médecine chinoise, insomnies, baisse d’estime, dépression…

 

Le comportement issu de la colère peut donc nous détruire  physiquement par ses effets toxiques et somatiques et psychologiquement par la création d’une mauvaise image de soi.

 

Elle peut aussi mettre en danger nos relations, elle n’a pas bon effet sur les autres etnous devrions rester prudent et lui permettre de s’exprimer sans conséquence.

 

La colère n’est jamais très bien accueillie, c’est un fait. Lorsqu’on subit la colère de l’autre, nous sommes aussi agressés. Il nous envoie un jet de haine ou une attitude effrayante, des mots blessants qui pourraient nous détruire, nous sommes attaqués. Notre colère est aussi activée et le combat commence.

 

« Petit, lorsque j’étais frustré, je n’arrivais pas à exprimer mes sentiments, j’avais un blocage d’expression. Je sentais une douleur au fond de moi, j’explosais à chaque fois que je me sentais jugé injustement. On me disait colérique.

Dans mon couple adulte, j’avais le sentiment d’être un monstre incompris, il y avait un décalage entre ce que j’avais au fond de moi et ce que j’arrivais à partager.

Et puis, un jour, dans l’escalade de la non expression, j’ai commis l’irréparable… J’étais dans une peur panique, ma femme me dévalorisait, me jugeait, j’allais ne plus être aimé, abandonné, elle me cassait, j’étais moins bien qu’elle, alors, je l’ai frappée…

L’Amour n’est pas violence. J’étais anéanti, j’avais tout détruit.

J’ai compris que je devais faire une démarche car j’avais dépassé la limite. Je me suis retrouvé dans un groupe thérapeutique avec des hommes de tous gabarits de violence. Nous étions une dizaine, encadrés par deux ou trois thérapeutes et nous nous engagions pour 21 séances dans ce parcours. Le cadre est très strict : deux heures par semaine, aucune absence non justifiée, confidentialité, respect, aucune drogue ni alcool, ni débordement autorisé : un pacte est signé devant le groupe, la pression de celui-ci a un grand effet. Ce travail permet, outre l’expression de nos malaises vis à vis de nos comportements, de reconnaître pour chaque personne les situations à risque, de construire l’identification des moments clefs où l’on dérape, où l’on se sent en danger, les détonateurs. Nous faisons des exercices, des jeux de rôles. Nous construisons le mode d’emploi de notre propre colère.

J’ai fait un cycle et un peu plus et j’ai senti la paix arriver. Aujourd’hui, je sens mon image de moi plus positive. Je ne me sens plus menacé par ce que pensent les autres. Je ne me sens que rarement agressé et lorsque cela se produit, je quitte la scène, sans besoin de défendre verbalement, physiquement ou intérieurement de façon violente. La colère est stable, elle n’a plus besoin d’exploser, j’ai compris ce qu’il fallait adoucir en moi. » Jérôme, 41 ans.

 

Il se peut aussi que la colère ait un impact sur notre vie sociale : « C’est un colérique, attention ! » et nous voilà vite porteur d’une étiquette.

 

Nous pensons que nous sommes une attitude. Je suis colérique, je suis un sang chaud, je suis un impulsif, c’est comme cela que je suis et je ne peux rien changer, je suis obligé de le subir et les autres aussi… L’héritage génétique, la construction, la récurrence des attitudes, l’éducation, le regard des autres, tout cela a construit cette idée. Qui n’est pourtant qu’une idée… et si l’émotion est trop difficile à vivre, à faire vivre ou pose problème dans notre vie, nous sommes parfois contraints de l’éteindre en compensant par des attitudes de dépendances anesthésiantes : alcool, nourriture, cigarette, drogue, dépression… parce que nous pensons que nous ne sommes pas capables de changer ce qui ne nous convient pas.

 

Une attitude ne devrait pas nous définir, ou pire définir un enfant dans un groupe social. Une émotion a toujours quelque chose à dire et doit être entendue comme telle.

 

Pourquoi nous mettons-nous en colère ?

Cette émotion nous permet notre protection, ou celle des autres que nous défendons. Mais elle n’aura pas un impact positif socialement si nous n’arrivons pas à la comprendre et en canaliser ses expressions.

 

Nous pouvons sentir plusieurs sortes de menaces : des dangers physiques : agression, coup, bousculade…  ou des dangers plus psychologiques : bafoué, critiqué, maltraité, mal jugé, humilié, rejeté…

 

En quoi est-elle positive ?

 

La colère nous invite à nous aimer plus fort, à nous respecter plus, car elle nous éloigne de la menace pour nous. En l’acceptant, nous prenons conscience de ce qu’elle nous apporte comme « message »: « il faudrait que tu reviennes à l’essentiel pour toi, t’apporter une juste place et beaucoup plus de paix et une meilleure image de toi. » Ce qui jailliraincontestablement dans les relations avec les autres.

 

Face à la colère de quelqu’un de proche, nous pouvons, avec cette compréhension, mieux gérer la relation. Nous pouvons lui demander ce dont il a besoin pour se sentir moins agressé, moins en danger.

Si la colère est trop forte, nous pouvons lui demander de d’abord intervenir sur l’intensité (se calmer) et ensuite, on d’en parler plus sereinement.

 

Comment l’exprimer à bon escient et sans agressivité ?

 

En traitant l’information, le message, le langage de la colère le plus tôt possible, nous pouvons diminuer la réactivité agressive (l’impulsivité), et stopper le processus. La colère nous montre le chemin, à nous de l’emprunter le mieux possible, sans entamer un combat qui nous détruit et détruit nos relations.

 

La représentation que nous nous faisons d’une situation est remplie de nos croyances, de nos préjugés, de tout ce que nous avons construit, éduqué depuis notre venue au monde. Chaque personne aura une réaction différente dans une même situation.

C’est une bonne nouvelle, cela veut dire que nous pouvons changer nos idées, changer notre regard sur des situations (Que s’est il passé ? Qu’est ce que j’ai ressenti ?) qui ne nous conviennent pas (De quoi j’aurais eu besoin ?).

 

Une réaction positive à s’apporter est le calme et la détente lorsque la colère s’est exprimée, pour agir sur le stress et ses réactions chimiques en œuvre en nous : balade, sport, exercices de méditation, de relaxation, exercices d’extériorisation de la colère.

Une réaction positive à apporter à la relation est l’explication de ce qu’on ressent.  Une meilleure connaissance de soi (pourquoi j’ai réagi violemment, de quoi je me suis senti menacé) amène une meilleure communication à l’autre. Le dialogue peut s’ouvrir, nous sortons du bac à sable où l’on s’envoie du sable dans les yeux tour à tour, pour comprendre ce dont chacun a besoin pour se sentir à sa juste place, respecté.

Lorsque nous pouvons exister, et respecter notre espace, la colère n’a plus de raison d’être.

 

Article publié dans magazine plus de septembre 2019

 

 

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NON ! Et après ?

 

Amélie : « Du plus loin que je m’en souvienne, j’ai préféré dire « oui » pour ne prendre aucun risque. J’ai préféré supporter, suivre, attendre, accepter, remplacer, rester immobile, subir … pour ne pas perdre quelque chose ou quelqu’un.

Lorsque mon père tombe malade et est rapatrié en Belgique, sans me poser aucune question, je m’en occupe tout comme mon frère et ma sœur. Il est placé dans une maison de repos. Il le vit mal. Il reprend des forces. Sa place n’est pas véritablement là. La maison de repos coûte cher. Je propose de l’héberger à la maison. Dans ma tête, je ne vois rien, je ne prévois rien dans l’avenir, j’agis sur le moment présent : je suis en mode soldat, j’agis et je ne me retourne pas pour écouter les réactions, commentaires, précautions, avertissements sérieux, intrusifs dans ma vie.

Et puis le téléphone sonne et je sens que cela va être difficile. Mon cerveau a déjà compris et envoie déjà des ondes négatives sur mon corps. Ma mère me dit que si mon père vient habiter chez moi, nous ne nous verrons plus. Dans mon esprit c’est fulgurant. C’est l’éruption. Du chantage affectif en pleine tempête. Plus de complicité, plus de rires, plus de dîner à l’improviste avec elle. C’est dommage … je ne dis pas non, je dis c’est dommage ! Nous ne nous reverrons pas mais je ne changerai rien à ma décision. Je tremble. Quelque chose s’écroule. Une perte de repère. Je refuse d’entrer dans ce chantage. Ma mère évoque sa solitude, le manque de reconnaissance à son égard.

Je me sens terriblement coupable et révoltée car elle me demande de choisir mon camp.

J’ai dit non à ma mère. Je me sens coupable de ce qu’elle a ressenti.

Je n’ai pas dit non à mon père. Petit soldat j’ai agi pour avoir sa reconnaissance. Aujourd’hui je sais que je me suis trompée. Je devais dire non. Je n’ai rien gagné. J’ai perdu mon énergie, ma bienveillance à mon égard. »

 

Nous sommes tous confrontés à devoir dire NON à une situation qui dépasse notre limite.

Dire non à quelqu’un que nous aimons, dire non à un service demandé qui ne nous convient pas, dire non à l’attente de l’autre.

Pour beaucoup d’entre nous,  cela est difficile et génère énormément de culpabilité et de peurs.

Amélie n’a pas pu réussi à faire exister cette limite en elle, même si son corps lui envoyait des signaux, ses habitudes de fonctionnement, son éducation, ne lui ont pas permis d’écouter la justesse intuitive. Elle en a souffert terriblement. C’est malgré tout une expérience constructive qui lui permet de comprendre qu’elle doit avancer et changer sa façon de faire et de réagir dans ses relations, pour se respecter elle même.

 

L’écoute de soi est essentielle à l’affirmation et le respect personnel.

 

Lorsque nous répondons toujours positivement aux demandes des autres, nous ne nous penchons pas toujours sur notre ressenti ou nos désirs. A force de répondre de cette façon, nous ferons certainement face à l’épuisement, le sentiment de non existence, de se sentir mal aimé, pas entendu… ces conduites du « tout donner à l’autre ou à la situation » ou de « faire passer les autres avant soi », peuvent mener au burn-out professionnel ou familial, la rupture ou même à la dépression dans les cas les plus aigus.

 

Quand nous avons tout donné, que reste-t-il pour nous ? Où est notre essence vitale ? Quel sera le sentiment sur nous même ?

 

 

Nous sommes partagés, pas contents de nous, indécis et insatisfaits devant la bonne position à prendre.

Pourquoi ces stratégies opposées à l’intérieur de nous ? Serait-ce un besoin de liberté, de sécurité, d’appartenance, d’intégrité ? Il est temps de discuter avec soi pour trouver la voie prioritaire à prendre.

Si nous n’osons jamais nous opposer, nous pourrions nous retrouver plus souvent aux prises avec des relations toxiques, manipulatrices, abusives et destructrices. Être totalement dévoué à l’autre sans pouvoir mettre de limite permet trop souvent l’abus et nous en sommes « co-responsable » car nous n’avons pas pu l’empêcher par un « non ».

 

Si nous sommes plus justes avec nous mêmes, nous sommes plus justes avec les autres.

La relation s’en porte mieux.  Si j’assume ma voie et je ne suis pas déçu de ce que je fais, je me respecte, je crée ma limite et ma sécurité. Ce que pense l’autre appartient à l’autre.

Cela renforce la confiance et l’affirmation de soi.

 

Et la culpabilité alors ?

 

L’attitude la plus gênante sera sans doute la culpabilité que l’on éprouve après le NON.

La culpabilité est un état d’esprit déstabilisant qui mène à une perte d’objectivité. Elle nous cristallise dans l’action (nous avons l’impression de ne pas pouvoir changer le cours des choses, nous nous sentons nuls, non existants). Cela nous empêche de nous remettre en question et crée une vision pessimiste de nous et de l’avenir. Pour sortir de ce tourbillon infernal, mieux vaut s’axer sur la notion de responsabilité : Tirer des enseignements de cette situation, observer les éléments comme une possibilité d’apprendre sur la vie, et devenir acteur de changement, en osant adopter une attitude différente. Et se donner le droit de se faire aider par quelqu’un de la profession d’aide : un coach, un thérapeute peut vous aider à mettre en place les limites et éloigner la culpabilité.

Accepter de prendre des risques ou de vivre des échecs permet aussi de se libérer de la culpabilité et c’est pourquoi le renforcement de son estime et la foi en ses propres capacités de rebondissement sont des savoir être à développer !

 

Quelques pistes pour pouvoir dire NON.

 

  • Prenez le temps de réfléchir à la réponse que vous allez donner. Ne vous précipitez pas : vous avez le temps d’analyser cela. Demandez un délai. Observez ce qui se passe en vous, pesez le pour et le contre. Laissez vous guider par votre intuition.
  • Exprimez vos raisons, vos opinions, vos sentiments : «  Je préfère… » «  J’ai moi aussi envie de … » «  J’ai la sensation d’être abusé (e) » « Je me sens mal »…
  • Vous êtes en droit de refuser, ne vous excusez pas. Si vous avez exprimé vos raisons, il n’y a aucune justification ou excuse à donner sinon vous risquez l’embarras. Cela ne fait pas de vous une mauvaise personne mais quelqu’un qui SE respecte !
  • Pour être une bonne personne pour les autres, pensez à vous en premier, de façon à être pleinement satisfait. Dans ce cas, vous êtes rempli de choses à partager, et prêt à donner votre énergie et votre temps aux autres : ne faites donc pas passer leurs besoins ou leurs objectifs avant les vôtres, et restez votre priorité.
  • Développez la communication assertive. Pour cela, je m’inspire de Don Miguel Ruiz et de ses fameux accords toltèques.
  • Une parole impeccable : c’est toujours dire ce que nous pensons de façon authentique, en parlant de nous même. C’est être en amour pour soi, sans jugement, avec vérité.
  • Ne rien prendre de façon personnelle : Nous ne sommes responsables que de nous même. Ce que disent les autres leur appartient, appartient à leur histoire, à leurs constructions. Ne pas se sentir concerné par la réaction de l’autre nous permet de ne pas nous sentir victime.
  • Ne pas faire de supposition : C’est avoir le courage de demander des explications sur la réaction de l’autre face à ce que vous proposez. C’est demander ce qu’il ressent, ce qu’il vit et ajuster le discours pour le rendre le plus respectueux possible. Ne pas comprendre à la place de l’autre permet de sortir du soin à l’autre sans qu’il l’ait demandé, et de ne pas être sauveur.
  • Faire toujours de son mieux : et s’en persuader, permet de sortir de la culpabilité, de la frustration et des regrets. S’en persuader, c’est aussi se convaincre que nous sommes une belle personne même si nous n’avons pas répondu positivement à une demande. Nous ne sommes pas égoïstes, nous ne pouvons pas répondre pour de multiples raisons qui sont justes pour nous donc pour autrui aussi.

 

 

Vous êtes en face de quelqu’un qui ne sait pas dire NON,  vous pouvez l’aider !

 

Dans nos relations, nous sommes tous confrontés à une personne qui ne sait pas dire non, nous pouvons aussi donc lui faire prendre conscience qu’elle a ce droit : demandez lui :

 

  • de bien réfléchir, de prendre le temps pour donner une réponse
  • de donner son avis et son ressenti sur cette demande et la rassurer que tout va bien pour vous si elle refuse, que vous êtes responsable de la situation et que vous trouverez une alternative.
  • Dites-lui que cela ne change rien à votre relation, elle peut être dans la culpabilité de ne pas répondre et se sentir une mauvaise personne ou la peur de vous décevoir et de perdre votre affection.

 

Oser un « non »  pour se dire « oui » à soi est une attitude qui va permettre de renforcer sa sécurité intérieure et son amour propre, se donner une autorisation, se faire exister là où l’autre n’a peut être pas conscience d’abuser. Cette personne va devoir trouver une autre solution… et alors, ce n’est pas si grave, c’est peut être même essentiel pour son apprentissage !  C’est donc essentiel de s’en rendre compte et d’ajuster son comportement pour le bien de toutes nos relations. Nous sommes plus forts, plus libres, plus fiers de nous.

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« Le chagrin amoureux est l’une des plus épouvantables blessures que nous ayons à combattre car il doit être vaincu seul et surtout dans le plus grand des silences. »

Yves Simon.

Monsieur Simon, vous m’inspirez cette réflexion…

 

Le chagrin d’amour est une situation qui peut nous servir à apprendre beaucoup de choses sur nous et sur notre façon d’être en relation. Il est important de l’observer et de l’apprécier pour ce qu’il vient faire dans notre vie et c’est sans doute à ces conditions là qu’il est important de s’y attarder.

J’avais 15 ans pour mon premier grand chagrin d’amour. J’ai senti la terre se déchirer, le monde s’effondrer sous moi, j’ai perdu tous mes sens, j’ai voulu mourir… je n’ai rien compris, j’ai subi. Et un an après, je me casais dans une relation sage, avec un garçon merveilleux mais qui ne me donnera pas autant de passion. Je me suis protégée de revivre cela, de souffrir à nouveau, pendant 20 ans ! Mais mon cœur manquait de peps et j’ai choisi une autre voie.

Mon second chagrin d’amour a été consumé pendant de longues années. J’ai pleuré doucement, à dose homéopathique la fin de l’amour à côté d’un homme qui n’avait plus d’envies, ni pour moi, ni pour rien.

Mon troisième chagrin ressemble au premier. Fulgurant comme la rencontre,  injuste, désespéré… dans un premier temps, je me suis noyée. Quelques jours après, j’ai rebondi en anesthésiant (consommation en tout genre) et puis, j’ai accepté de regarder, d’analyser.  Non pas les raisons de la rupture car les raisons nous échappent parfois, elles ne dépendantes pas que de nous,  mais pour les enseignements que nous allons en tirer, pour nous « m’aime ».

Il est hors de question que je m’arrête d’aimer, que je donne le pouvoir à quoi ou qui que ce soit de ne plus me permettre d’être heureuse, chaque amour a une belle histoire à raconter.

La vie est merveilleuse et nous sommes ici pour aimer. Pour incarner l’amour.

Comme chaque émotion qui s’exprime, la tristesse nous apporte un message. Etre triste, c’est prendre conscience que nous avons besoin de soin, d’accompagnement, de soutien. La tristesse exprimée est passagère et sera suivie de résilience, si nous sommes capables d’entendre que la situation a quelque chose à nous apprendre.

Je suis toujours étonnée d’entendre que les médecins cherchent à anesthésier la tristesse à coup d’anti dépresseurs. Certes, il y a des situations où chimiquement c’est indispensable et pour moi, ce sont les psychiatres qui sont aptes à en juger. Mais tous les chagrins ne sont pas dépression et ne doivent pas être endormis… surtout pas.

Un chagrin d’amour est un deuil. Il y a des étapes à comprendre et à traverser, comme tout deuil et il peut être accompagné. Surtout pas de silence sur le chagrin : Je suis peinée et j’ai besoin de soins.

 

1) L’amour me tue

 

Dans un premier temps, c’est le choc et la douleur. Et donc, c’est le « Samu » : amis, thérapeutes, masseurs, etc… tout soin, toute écoute bienveillante est nécessaire. Juste déposer, sans être jugé (e) : des bras, des oreilles, des yeux et des cœurs.

 

2) Cela n’est pas possible

Ensuite peut venir le déni. Je n’y crois pas, il ou elle va réfléchir et revenir. Au mieux, en attendant, je m’occupe, je fais autre chose, j’attends le retour, je détourne mon attention de la situation… Le déni postpose la douleur, sans doute l’atténue dans un premier temps, la distance.

 

3) C’est dégueulasse

La colère est aussi une étape importance car voir la situation avec colère permet de nous protéger. La colère est comme tout émotion, une protection. Je me bats, je me protège. Le combat de colère est la protection. Mais la colère est une des émotions les plus toxiques chimiquement pour le corps, c’est donc bon de la sublimer… De l’utiliser à bon escient, de l’exprimer.

Toutefois, ce passage peut s’accompagner de « harcèlement ». On a besoin de savoir,  de vérifier, de contrôler, de le ou la pister, de se venger ? … mais au plus on fait cela, au plus on peut avoir mal, au plus on peut créer la distance et abîmer ce qu’il peut rester de lien. Donc prudence. Pour soi, pour l’autre et pour l’avenir. Tout dépend de ce qu’on veut de l’avenir…

 

4) Je ne suis pas capable d’aimer

La Dévalorisation est une étape fort importante à mes yeux, subtile et empoisonnée. Car si elle n’est pas comprise ou soignée, elle risque de laisser des griffes dans l’estime, voir même des grosses fissures. Et générer un comportement de défense qui peut durer des années. Je ne suis plus capable d’aimer … je n’aimerai plus. Je suis ne suis pas capable d’aimer… je ne suis pas aimable.

L’accompagnement permet souvent de lister les difficultés que l’égo ressent.

Je n’ai pas été cela,

J’ai mal fait cela,

Je suis le ou la plus moche du monde

J’ai été nul (le)

Je ne suis pas aimable

J’ai mal agi

Le regard négatif sur soi ne doit pas s’installer. Une triangulation est  indispensable. Ne pas se regarder dans un miroir déformant est plus que vital pour l’égo. Il est temps de se mettre en expérience positive et de collecter les valorisations. De la plus petite à la plus grande. Peut être que peut intervenir un certain silence à ce moment là : ne pas exposer au monde entier et à nos rencontres ce qui nous fait souffrir… et juste prendre les sourires de l’instant.

L’égo en prend plein la figure… et le cœur ?

Le cœur ne doit pas être mis de côté. Que ressens tu, toi le cœur ? A quelle douleur cette expérience est reliée ? L’abandon ? Le rejet ? La solitude ? Que te faut il pour arrêter de saigner ? Mettre en place, mettre en place, mettre en soin !

 

5)  Je me sens en paix

 Accepter enfin ! Je peux vivre avec cette expérience vécue et ne plus ressentir la douleur. Je peux me connecter aux souvenirs et être même parfois en joie. Je peux repenser aux bons moments. Je n’ai pas de ressenti négatif. C’est le signal de l’acceptation : La non émotion négative.

La médiation peut être un outil particulièrement soutenant à la paix intérieure.

6) prêt (e)

 Je suis heureux (se) de guérir de mon cœur blessé. Je suis grandi (e) de cette expérience. J’en ai imprimé les enseignements (on pourrait même écrire les ensaignements et mon correcteur râle !)

Chaque expérience d’amour réussi ou pas nous apprend quelque chose et nous projette vers autre chose de meilleur, à condition de s’en émerveiller. Pas de s’en plaindre, de se victimiser, ou de se détruire. Ce n’est pas facile, c’est pourquoi ce chemin n’est pas forcément possible dans la solitude. La solitude est bonne pour l’introspection, pour L’amour de soi, le calme en soi, pas pour la souffrance. La solitude est acceptable quand elle est positive pour soi, dans ce cas, elle est même recommandée !

Entrecoupée de réflexion, de reconstructions, nécessaires pour ne rien reproduire. Sinon, Vous remarquerez comme la vie nous remettra dans des situations similaires… Alors, pour ne pas reproduire,  apprenons…

 

7) Libéré (e) délivré (e) 😉 guéri (e)

 Je m’ouvre, je m’éveille, je renais… Je me rends disponible à une nouvelle expérience. J’ai appris, je n’amènerai pas mes démons, mes fantômes, je leur ai fait une tête au carré, j’ai appris à les connaître et je ne les subis pas, je négocie avec eux.

 

Comme débattu avec un ami en réflexion : l’amour, c’est chaque fois sauter en parachute sans savoir s’il va s’ouvrir ou pas. A chaque fois qu’on a touché le sol, on peut renforcer le parachute, réparer les déchirures, mais lorsqu’on resaute, on ne saura jamais s’il va s’ouvrir ou pas. Mais le saut est si beau, les sensations sont si belles… que nous aurions tord de ne pas les vivre. Fermons les yeux un moment, branchons nous sur l’énergie, sur la vibration, sur l ‘émotion … mais ce moment, vivons le profondément…  pour une seconde ou pour plus longtemps.

Merci à tous ces moments.

 

 

 

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Cet article reflète un type de relation élevé, guéri.  Il demande un travail de réflexion sur soi, d’épanouissement, de respect de soi et de l’autre. Le véritable amour, celui qui permet à l’autre d’être libre. Toute relation est l’apprentissage de ce que nous avons besoin de soigner. Lorsqu’on est dans cette mouvance, en réflexion, en soin pour soi, on développera cette capacité d’aimer sans attache, et cela sera une bénédiction. Il est même possible de le construire ensemble, dans la compréhension et la communication de ce que l’on veut atteindre à deux. Parce qu’au fond, l’amour est une construction, pas un besoin, une aventure, pas une nécessité ou un remplissage. Nous sommes en amour dans la mesure où nous pouvons partager cette énergie qui se déploie, pas qui se cristallise ou s’amoindrit à coups de frustrations.dsc_0698

 

L’amour sans attache est une bénédiction dans les relations

Par Sylvain B.

 

Les relations saines n’arrivent pas par hasard, mais par choix.

L’amour sans attache est vraiment possible. Il ne s’agit pas d’abandonner quoi que ce soit mais plutôt de changer nos attentes de ce que nous voulons de la relation.

Peu importe notre spiritualité ou notre évolution, les relations mettent notre côté obscur à l’épreuve et soulignent le travail que nous devons faire pour surmonter nos blessures passées.

Le détachement dans l’amour ne consiste pas à abandonner la personne, ni même l’amour.

Il s’agit de rester libre de toute attente ou résultat final prédéterminé que beaucoup utilisent pour juger une bonne relation.

Il semble exister un modèle pour les relations que nous devrions tous suivre. Nous nous rencontrons, nous nous embrassons, nous parlons, nous passons plus de temps ensemble, nous disons je t’aime, nous rencontrons nos familles respectives, nous emménageons et puis nous finissons par nous marier.

Pourtant, ce n’est pas se désintéresser de l’amour; c’est plutôt suivre un plan, et un peu limité à mon avis.

Pour travailler l’amour sans attache, si c’est ce que nous visons, nous devons d’abord travailler sur nous-mêmes et sur nos déclencheurs.

En général, nous aimons savoir exactement où nous en sommes et dans quel type de situation nous sommes, alors nous pouvons jouer avec les règles correspondantes réconfortantes.

 

 

Pourtant, nous limitons le type d’amour dans lequel nous nous engageons.

Aimer dans une relation basée sur le détachement ne signifie pas que ce que l’autre fait ne nous intéresse pas, ou qu’il ne nous blessera jamais, mais cela signifie que nous l’aimons suffisamment pour simplement laisser la relation suivre son cours.

Quand nous pouvons changer nos attentes, nos expériences peuvent changer.

Lorsque nous entrons dans une nouvelle relation avec une personne sans aucune pensée idéalisée sur ce qu’elle pourrait devenir, alors nous nous donnerons l’opportunité de développer naturellement cette union, au lieu de la forcer dans les limites prédéterminées que nous utilisons pour définir l’amour.

L’amour sans attache signifie que je t’aime pour la personne que tu es.

L’amour sans attache signifie que je veux profiter au maximum avec toi parce que nous ne savons pas de quoi sera fait demain.

L’amour sans attache est tout simplement la capacité d’aimer quelqu’un librement. Les deux personnes peuvent aller et venir à volonté, sans jamais avoir l’impression qu’il existe une attente pour un ensemble spécifique de comportements.

En vérité, aimer avec sans attache n’est pas facile.

Pour aimer quelqu’un de cette façon, nous devons d’abord nommer et nous asseoir avec nos blessures; notre peur de l’abandon, du rejet et de tout ce par quoi nous avons été conditionnés, depuis notre naissance, à attendre d’une relation.

Une fois que nous pouvons faire ce travail pour nous-mêmes – cela ne s’arrête pas brusquement, mais il devient plus facile de naviguer dans le détachement– nous comprenons que nos sentiments n’ont rien à voir avec l’autre personne.

Une de mes blessures est la peur de l’abandon, car depuis l’enfance j’ai été conditionnée que la plupart des hommes finissent par partir. Avant de guérir cet aspect de ma psyché, je me déchaînais dans l’anxiété et la peur de l’homme de ma vie, sur la base de ce que je pensais être ses actions.

 

Mais désormais, quand ces mêmes problèmes se posent, je les vois exactement pour ce qu’ils sont: ma réaction est complètement différente.

Je ne cherche plus quelqu’un d’autre pour me guérir, ou pour me rassurer de sa présence dans ma vie, parce que je peux le faire moi-même.

Lorsque nous aimons sans attache, nous n’abandonnons pas l’autre personne, et nous n’abandonnons pas complètement toutes les attentes.

 

Cela signifie simplement que nous choisissons d’aimer d’une manière consciente. Nous nous montrons quand nous le pouvons. Pour les moments où nous ne pouvons pas nous montrer, nous sommes chacun individuellement heureux.

Cela signifie respecter le voyage de notre partenaire autant que le nôtre, sachant que dans l’amour sans attache, nous ne pouvons rien forcer. Il n’y a rien dans ce monde que chacun de nous puisse faire pour que quelqu’un nous aime, et il n’y a rien que nous puissions faire pour empêcher quelqu’un de tomber amoureux de nous non plus.

Quand nous pouvons approcher l’amour comme un don, peu importe si l’être aimé l’accepte ou lui rend la pareille, nous baignons dans l’essence de ce que signifie vraiment prendre soin d’autrui, en dehors de nos propres besoins et désirs.

L’amour sans attache signifie reconnaître nos sentiments pour autrui, indépendamment de l’action, du choix ou du résultat. C’est peut-être le type d’amour le plus réel et le plus sincère.

 

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Célibat et apprentissage d’une meilleure façon d’aimer

 

Un moment sans couple est un moment particulièrement propice à la réflexion sur soi, sur l’amour de soi, sur l’engagement que l’on désire, sur sa propre identité, ses évolutions, ses apprentissages : ne le zappez pas !

 

Entourez vous de personnes ressources, des réflexions constructives sur ce que vous avez vécu. Ne remettez pas ce que vous avez de plus précieux (votre cœur) dans les mains de l’inconnu sans avoir compris l’histoire précédente, sans avoir digérer le contenu de la souffrance vécue. C’est risqué de reprendre la même histoire, avec d’autres acteurs. La vie nous propose de vivre les mêmes choses tant que nous ne prenons pas les bonnes décisions pour nous même.

 

Si chaque rencontre est vécue comme « expérience à vivre » cela permet de déjà sortir d’un statut de victime de l’autre. Qu’est ce que j’ai appris comme information sur moi dans cette relation, et d’actionner un mouvement libérateur.

 

La première information est de repérer dans la relation et les moments partagés, les attitudes qui ont stressé et les réactions vécues.  C’est parfois minime, mais c’est déjà indicateur.

Il est fort probable que nous sommes sauveurs si nous acceptons très souvent de nous accommoder d’attitudes stressantes pour nous. Une relation doit être fluide et heureuse. Pas stressée et blessante.

Mettre en conscience les attitudes qui peuvent déjà déterminer un type relationnel, va nous permettre de ne pas les reproduire. C’est en cela qu’il est important de faire des bilans relationnels.

 

Dans une relation, on est ou on n’est pas. On nait ou on nait pas.C’est un tord de croire que les sentiments, les inclinaisons peuvent arriver par la suite, ou de penser que l’autre va devenir à un moment donné un autre. Personne ne peut deviner ce que votre cœur est en train de vivre, il n’y a que vous qui le ressentez.

 

Pas d’acharnement thérapeutique pour les sentiments !

 

C’est fluide ou pas, c’est évident ou pas.  ET si cela était le cas et que cela a changé, il faut agir rapidement, sans patience. La guérison spontanée n’arrivera pas…  Il y a une action derrière chaque bonheur. Si la relation est heureuse c’est l’indication. Si je suis tel(le) que je veux être, et que l’autre reste souriant à cela, il n’y aura pas de stress.  Par contre, si vous vous adaptez à quoi que ce soit, c’est dangereux.

Nous pouvons être gentil, c’est indispensable, mais pas dans l’abnégation.

 

Ne faites pas « fi » de quoi que ce soit, c’est risqué de vous embarquer dans une toile difficile à vivre, vous méritez le meilleur pour vous même.

L’absence de patience est un très bon moteur de changement. Et aussi un acte respectueux pour soi.

 

Chaque relation est un apprentissage, chaque échange est un apprentissage. Nous sommes en chemin pour découvrir la meilleure façon d’aimer.

 

 

Quand la vie est perçue comme une aventure merveilleuse, elle est toujours gagnante.photo

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Sortir du Besoin de l’autre

 

Ces dernières années d’expérience personnelle et professionnelle, m’ont amenée à une réflexion sur le sens du couple et sur le besoin d’être avec l’autre.

Qu’elle est la juste distance de chacun de nous dans un couple pour ne pas en arriver à une vampirisation de l’autre, un chemin qui nous emmène vers la non existence personnelle. Comment aller vers une existence plus saine avec l’autre?

 

La co-dépendance qui s’installe parfois dans le couple, est l’attitude qui nous empêche d’exister pour nous-même : nous sommes une personne à travers le rôle que nous jouons pour l’autre, nous privant parfois de l’essentiel pour nous. Nous engageons l’autre dans une absolue nécessité d’être quelqu’un pour nous et de nous remplir. C’est une complicité non saine.

L’étouffement va provenir du fait que nous ne pouvons plus être libre. Nous devons répondre à un devoir plutôt qu’à des envies. Nous ne sommes plus ensemble parce que cela va de soi, parce que nous aimons cela, que cela nous énergétise, mais parce que nous sommes engagés et liés, en prison.

L’hypercontrôle que nous opérons sur nous-même, va engendrer le non-soi. Je dois me contrôler, contrôler mes besoins, sacrifier certaines choses parce que l’autre ne le permet pas, pas toujours de façon exprimée, mais parfois aussi parce que l’on ressent que notre conjoint ne pourrait pas le supporter. Je suis sa « chose », il est aux commandes de ma vie, et je lui ai donné ce pouvoir.

 

Ces situations provoquent énormément de tensions et de souffrance et nous éloignent de l’amour.

L’amour qui est la plus belle chose au monde, et qui ne peut exister qu’à la condition d’être libre de le ressentir, à la liberté de rechoisir l’autre de façon constante.

 

Alors comment permettre cette liberté d’être, si nous sommes engagés dans une relation ?

Toute la difficulté est là. Etre libre ensemble, aimer sans s’attacher…

La solution passera forcément par une conscience de nos problématiques profondes et de nos besoins liés à cette problématique. Peur d’être abandonné, manque d’estime de soi, …

 

Ces questionnements sur nous pourraient nous ouvrir des portes vers la compréhension de notre situation. Sommes nous des êtres remplis ? Remplis d’amour pour nous, rayonnants et offrant de l’amour dans nos relations ? Sommes nous dans une relation de besoin (de l’autre, de ce qu’il me donne, de ce qui me sécurise ?)

Avons nous des domaines de « nourriture de vie » autres que la relation à l’autre ?

Si nous sommes dans notre vie pour être quelqu’un pour quelqu’un, qui sommes nous pour nous mêmes ?

 

Combien d’amours sont floués, parce qu’ils sont dans l’indispensable nécessité ?

Combien de personnes se referment et ne s’autorisent plus l’amour car ils ont été emprisonnés dans cela ?

Combien de personnes sont dans le devoir d’être quelqu’un d’autre qu’elles-mêmes ?

 

Il nous est indispensable de nous questionner là dessus pour évoluer vers un amour plus libre, plus conscient, plus éveillé.

Quelle est la différence entre le besoin et le désir de l’autre ?

 

Etre heureux sans l’autre donne envie à l’autre de partager cela. Nous sortons d’une relation d’obligation d’amour ou de bonheur. D’idéalisation de ce que nous devrions être ensemble. Nous pouvons partager le « plus » de nous même.

 

Dans le monde qui se présente à nous pour demain, nous avons la nécessité de pouvoir compter sur des adultes construits et en réflexion permanente sur eux même. Des adultes en entier. Qui se partagent et se soutiennent, non pas par obligation mais par envie. Des adultes qui sortent des modèles limitants  pour être capables d’adaptation et de créativité.

 

Cela demande de construire une sécurité intérieure, une paix et un amour pour soi. Je suis la meilleure personne pour moi même. Je suis en accord et juste avec moi. Et j’aime être avec les autres, parce que je suis authentique. Je ne triche plus, je ne me sacrifie plus, je n’oblige plus personne. Je n’ai plus d’attente car je réponds à mes besoins et donc, la relation à l’autre est saine.

 

Dans le couple essayons d’être des cerises sur le gâteau, partageons le meilleur et décidons de quitter le pire, existons avant tout pour nous même et offrons cela à l’autre.

 

 

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240_F_109747663_zJucM9VFaKjTN2bPvzYpWKXgCRQbFj74Il n’est plus à prouver que s’aimer soi est un prérequis à l’amour de l’autre. Il faut  de nombreuses années pour apprendre qui nous sommes et prendre une juste place dans sa vie. Cela pourrait en décourager plus d’un à se lancer dans l’aventure pour éviter de souffrir ou faire souffrir ! Et pourtant…

 

 La relation est un lieu d’apprentissage

 

La relation est un lieu très riche d’apprentissage sur soi et sur l’autre. Ce sont des chemins de développement personnel et si nous arrivons à calmer nos démons, des terrains de bonheur et d’exaltation !

Il y a lieu donc de rassurer et d’encadrer toutes les tentatives relationnelles nouvelles qui s’annonceraient à nous. Et d’oser avancer sur la route de la rencontre.

 

Bien souvent, nos relations sont faussées et dysfonctionnelles. Nous appréhendons la relation et la personne en face de nous avec nos propres mots, nos propres représentations, notre histoire, nos blessures, nos cellules etc. ; et la personne en face de nous fait la même chose. Nous sommes piégés par le mental. Si nous en restons là, de nombreuses tentatives seront vaines et de nombreuses souffrances viendront se greffer, nous abandonnerons sans doute avant de nous y perdre… parce que nous chercherons à nous protéger… le cœur. L’amour ne pourra exister.

Cette conduite peut mener à une grande solitude et un manque d’estime pour soi, si ces situations sont plutôt subies par protection. Quel dommage de se faire autant de mal à soi même.

 

Observer la situation pour sortir du statut de victime

 

Reconnaître et accepter qui je suis avec mes difficultés et qui est l’autre avec les siennes permet une grande libération. Car nous cherchons alors à évoluer, à en sortir, plutôt que de subir ce qui ne nous convient pas. Si nous reconnaissons que nous sommes en désaccord avec nous même, nous créons l’accueil et le calme en nous. Chaque désaccord nous amène vers une meilleure compréhension. Le désaccord se manifeste souvent sous forme d’une émotion, d’une tension. Observer cela en nous, donner de la place à cela,  permet de cheminer en soi.

Ensuite,  mettre cela en contact avec l’autre à travers la communication est une étape vers une possibilité de développement.

Pourquoi ne pas coopérer pour construire une relation, au lieu de poursuivre un idéal ( ce que l’autre doit être pour moi)

 

Lorsque je communique avec l’autre en prenant soin de cette communication, je peux développer une connaissance, pas une émotion. Je m’observe et j’apprends, sur moi et sur l’autre. La communication « émotionnelle » (ce que je ressens) et respectueuse  et une connaissance de soi (je suis cette personne, voilà mes forces et mes faiblesses) est une façon de mettre en place une relation plus harmonieuse. Je suis capable de respecter l’autre à partir du moment où je le connais et où je connais nos limites. Je suis capable de respecter l’autre et moi si je m’aime. Je suis en mesure d’être plus authentique et de générer moins de souffrance dans ce que nous vivons ensemble.  A partir du moment où l’on désire construire du lien, il est indispensable de communiquer son mode d’emploi à l’autre pour que la relation soit plus riche et basée sur la liberté d’être.

 

La relation est un lieu pour partager des « entiers » ensemble

 

Nous pouvons coopérer pour construire une relation plus juste. Je vais t’aimer pour ce que tu es, et pas parce que j’ai besoin de toi. Si mon Ego est plus en paix parce que je m’aime assez et que je fais tout ce qui est bon pour moi, dans ce cas, je ne vais pas te demander de m’apporter ce qu’il faut pour que je sois heureux, je sais exactement répondre à mes besoins. L’autre viendra partager ma joie de vivre, et non la construire. Cela allège considérablement la relation.

 

 

Notre passé nous enferme, changeons nos représentations

 

 

Il arrive que des couples de plus de 20 ans arrivent en thérapie conjugale avec l’impression de ne pas ou plus connaître l’autre. C’est normal, nous n’apprenons pas à communiquer l’émotion, le ressenti, parfois même nous ignorons ce qui se passe en nous. Cela génère de la peur qui a pris racine dans notre histoire : comment nos souffrances étaient reçues dans notre passé ? Si elles ont eu de la place, on pourra plus facilement les exprimer sans crainte, si elles ont été bannies, elles auront du mal à se montrer. Elles peuvent même construire une image très négative de nous même.

Le développement de cette communication émotionnelle est possible, face à des personnes respectueuses et qui vont être capable de recevoir vos émotions sans jugement, sans contrainte. Choisissez les bonnes personnes à qui parler …

 

Certaines attitudes semblent très appropriées à ce chemin vers soi et vers l’autre. Que ce soit au niveau de vous même ou des personnes qui vous écoutent.

  • Le Lâcher prise du mental (de nos représentations, de nos croyances, de nos expériences négatives)
  • L’absence de jugement (d’abord sur soi même)
  • L’ouverture qui permet d’avancer plutôt que de résister (tout ce que je vis est un apprentissage)
  • La Bienveillance envers soi et envers l’autre lors de la prise de conscience de ce qu’il se passe.

 

 

Prendre soin de son propre bonheur, est bien une priorité pour être heureux et pour apporter du bien être à notre relation. Soignez l’amour de vous même. Prenez votre bien en urgence et devenez acteur de votre bien être.

 

Sophie Mercier

Coach en Mincithérapie®

Conseillère conjugale et familiale.

 

 

 

 

 

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Il y a des siècles, les femmes grandissaient dans une société patriarcale où la domination masculine était acquise. Les rôles étaient déterminés, chaque personne avait une fonction au sein du couple et de la famille, inscrit et appris : tout le monde avait des repères. Suivre le modèle était sécurisant.

Depuis mai 68, les femmes ont acquis des droits. Elles ont demandé de pouvoir choisir leur vie, leur sexualité, et d’avoir les mêmes droits que les hommes et ont voulu partager le territoire de façon égalitaire. Elles sont sorties de leur maison, devenues plus indépendantes. Elles ont gagné énormément de choses à travers cet avènement du choix. Le choix de procréer ou non, le choix de travailler, de divorcer…

Elles pouvaient déroger aux modèles, se réaliser en tant que personne singulière, sans être l’épouse d’un homme : une fonction perpétuée depuis longtemps.

 

Et par là, les femmes sont confrontées à de nouvelles situations, inconnues souvent, donc sans repères et insécurisantes

 

La première serait la puissance du regard de la société : « toi, femme, tu es faite pour procréer et tu as 40 ans, et tu n’as pas d’enfant : tu aurais choisi ton développement personnel plutôt que de participer au développement de la race  humaine? »  Combien de femmes qui ont choisi cette situation ne souffrent pas du regard et du poids de la culpabilisation de la société, voir même de leurs proches ?

 

Une autre difficulté résulte de la demande de perfection que la société et l’entourage envoient ; les femmes sont invitées à être des Superwomen, et puisqu’elles ont le droit de tout avoir (être mère, être femme, être épouse, être belle, avoir une sexualité) il est question de faire tout cela parfaitement. Elles se mettent donc une pression immense sur les épaules en voulant réussir tous ces domaines à la fois. Elles se disent aller bien, car dans cette société de compétition,  elles doivent réussir pour être considérées et reconnues. Elles n’osent dès lors pas se reconnaître en souffrance, et développent la honte et la culpabilité dans les difficultés qu’elles ressentent. Combien de femmes n’ai je pas entendu se dire être des mauvaises mères, car elles ne se sentent plus à la hauteur, elles s’énervent un peu trop vite, n’ont pas envie de lire une histoire aux enfants, ni de faire l’amour, ni de faire le ménage etc… ?

Or, auparavant, quand nous vivions en clan, toutes ces tâches et ces fonctions étaient réparties entre les personnes du clan. Et la maman avait des relais possibles.

Maintenant que nous vivons en famille nucléaire, il n’y a que deux parents (et même parfois un seul) pour s’occuper de tout le quotidien familial, ce qui rend la situation très lourde.

La femme a aussi acquis des compétences ménagères dans son éducation, et pourrait dans son couple, ne pas considérer son conjoint comme apte à l’aider. Ce qui, par gain de temps ou d’efficacité, alourdit encore un peu plus la sienne. Elle est donc co-créatrice de son malheur. En voulant aller plus vite, elle zappe la période d’apprentissage (mettre tout le monde au travail à sa place)  et elle prend en charge, et s’alourdit d’avantage.

 

Le burn out maternel arrive à ce moment là. La surcharge des tâches ménagères, l’intendance excessive qu’elles prennent naturellement, leur désir d’être à la hauteur dans tous les domaines, la non reconnaissance personnelle de leurs difficultés, de leurs fragilités, la honte, la culpabilité, la comparaison avec les autres, les mènent vers l’effondrement d’elles mêmes.

 

Elles en arrivent à développer un regard sur elles très négatif, d’incapables à y arriver, elles perdent leur repères internes.

En acte, elles peuvent développer de la dépression, une énorme fatigue, du ras le bol, elles croient ne plus aimer personne, ni même leurs enfants, tout devient insupportable à vivre. Elles expriment juste le besoin d’être en boule dans un coin d’une pièce et d’être seules.

 

Elles se sont vidées de leur essence même, elles ne voient plus le sens de leur vie et ne se sentent pas heureuses, malgré tout ce qu’elles ont construit.

Parfois même on observe des « dégâts collatéraux « ; enfants en difficultés, troubles conjugaux qui ajoutent encore et encore du poids à toute la situation. Parfois même on les observe grossir, ou dériver vers des assuétudes, seule alternative bien être pour elles, et même, seules anesthésies possibles de leurs émotions qui essaient d’imposer leurs messages !

Tout est langage, il me semble, et le message est bien véhiculé à travers cela : il est temps de s’occuper de soi ! Help, SOS, si un tel vacarme n’est pas entendu, on prend de sérieux risques pour soi.

Avant de donner tout aux autres, pour être et paraître parfaite, il est temps d’être soi même et de s’aimer !

L’amour des autres passe par l’amour pour soi.

La femme en burn out est vide, brûlée de l’intérieur et ne sait plus donner, elle doit recharger ses batteries.

Elle doit apprendre à se recentrer sur elle avant tout.

Lorsqu’elle aura fait le plein, lorsqu’elle sera nourrie elle même, lorsqu’elle aura mis son propre masque à oxygène, elle pourra accomplir l’accompagnement des autres.

 

Comment l’aider ?

Lui permettre de l’espace de remplissage, de resourcement, selon ses envies : formation, thérapie, accompagnement, coaching, massage, voyage… tout ce qu’elle peut faire pour s’apporter du soin !

 

En ce début d’année, à l’heure des bonnes résolutions, prenons soin de nous « m’aime » !

 

Sophie Mercier

Coach en Mincithérapie®

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